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Fiscalité d'un micro-entrepreneur : ce qu'il faut savoir

La fiscalité du micro-entrepreneur comporte de nombreux aspects : seuils maximum de chiffres d’affaires, régime d’imposition de ses bénéfices (micro-fiscal), règlementation concernant certaines taxes notamment la TVA ou la CFE, allègements d’impôts.

Pour être soumis au régime de la micro-entreprise au 1er janvier d’une année N, le chiffre d'affaires HT réalisé au cours des années civiles N-1 ou N-2 ne doit pas avoir dépassé un certain montant.

À noter :

En cas de dépassement au cours de ces 2 années (N-1 et N-2), le régime micro-fiscal ne peut plus s’appliquer à compter du 1er janvier de l’année N, et l’entreprise bascule alors dans un régime réel d’imposition des bénéfices.

Le seuil de CAHT à respecter varie notamment en fonction de la nature de l'activité exercée.

À noter :

L’application ou le calcul de ces seuils peuvent être soumis à des règles particulières, notamment lorsque l’activité vient d’être créée, ou lorsqu’elle est mixte (comme par exemple une activité consistant à la fois à vendre des biens et à réaliser des prestations de services).

Ces règles sont présentées dans les fiches détaillant davantage le régime fiscal de la micro-entreprise ou les conséquences en cas de dépassement des seuils de chiffre d’affaires.

Lors de la création de son activité, le régime micro-fiscal s’applique automatiquement au micro-entrepreneur (c’est-à-dire dans le cas où il choisit de ne pas opter pour un régime réel d’imposition des bénéfices qui serait plus contraignant).

Les règles du régime micro-fiscal varient selon la nature de l’activité exercée : il peut s’agir de micro-BIC ou de micro-BNC .

Dans le cadre de ce régime, le traitement de l’impôt (notamment son calcul ou son paiement) s’organise en principe autour d’un mécanisme de prélèvement à la source (PAS) : le micro-entrepreneur déclare chaque année ses revenus et se voit prélever chaque mois ou trimestre un acompte d’impôts basé sur les revenus perçus en N-2 et N-1.

Les cotisations sociales dues au titre des revenus sont en revanche payées à l’Urssaf dès que ceux-ci sont encaissés, lorsque le micro-entrepreneur effectue sa déclaration périodique (chaque mois ou trimestre selon l’option choisie).

S’il le souhaite, le micro-entrepreneur peut cependant opter pour un autre mécanisme : celui du versement forfaitaire libératoire (VFL).

Comment bénéficier du versement forfaitaire libératoire ?

Seuil de revenus à respecter

Le choix pour le versement libératoire est possible lorsque le revenu fiscal de l'année N-2 de la micro-entreprise ne dépasse pas un certain seuil. Ce seuil varie selon la situation familiale du micro-entrepreneur.

Le revenu fiscal de référence de son foyer fiscal de l'année N-2 doit ainsi être inférieur à l'un des montants suivants :

  • 29 579 € pour une personne seule

  • 59 158 € pour une personne en couple et partageant le même foyer fiscal

  • 73 947,5 € pour une personne en couple avec 1 enfant et partageant le même foyer fiscal

  • 88 737 € pour une personne en couple avec 2 enfants et partageant le même foyer fiscal.

Modalités de l’option

L’option pour le versement forfaitaire libératoire (VFL) doit être exercée avant le 30 septembre de l'année précédant celle où le VFL doit commencer à s’appliquer.

Lorsque l’entreprise a été créée au cours de l’année, l’option doit être exercée avant le dernier jour du 3e mois suivant celui de la création.

La demande d’option doit être adressée à l’Urssaf :

Téléservice

Compte en ligne autoentrepreneur.urssaf.fr

L’option peut être exercée  :

  • Directement lors de la création de l’entreprise, pour une application dès le démarrage de l’activité

  • Ou en cours d’année, pour une application le 1er janvier de l’année suivante.

À savoir :

Si le micro-entrepreneur a oublié d’exercer l’option pour le VFL lors de la création de son entreprise, il peut néanmoins en obtenir l’application immédiate (sans attendre le début de l’année suivante) s’il en fait la demande auprès de l’Urssaf dans les 3 mois suivant le démarrage de son activité.

Référence : Code général des impôts : article 151-0

Lorsqu’il a opté pour le VFL, le micro-entrepreneur déclare chaque mois ou trimestre son chiffre d’affaires et paie en une seule fois l’impôt ainsi que les cotisations sociales correspondantes.

Les caractéristiques principales du PAS et du VFL sont les suivantes :

À savoir :

Quels que soient le mécanisme de traitement de l’impôt choisi (PAS ou VFL ), ou la nature de son activité, le micro-entrepreneur est toujours soumis aux mêmes obligations comptables, ainsi qu’au régime micro-social pour le paiement des ses cotisations sociales.

Référence : Code général des impôts : article 151-0Référence : Code général des impôts : article 170

Le micro-entrepreneur est en général exonéré de TVA (régime de la franchise en base de TVA) mais il peut être concerné par cette taxe lorsqu’il franchit certains seuils de chiffre d’affaires. Il peut s’agir de TVA dans le cadre de ses échanges en France ou au sein de l’Union européenne (UE) (TVA intracommunautaire).

La cotisation foncière des entreprises (CFE) est un impôt local dont le montant dépend de la valeur locative du lieu où l’activité est exercée. À défaut de local professionnel, la CFE est basée sur le chiffre d’affaires de l’entreprise.

Conditions d’application de la CFE

La CFE est due lorsque les conditions suivantes sont réunies :

  • L'activité est exercée en France

  • L'activité présente un caractère habituel : elle est exercée de manière répétée

  • L'activité est exercée à titre professionnel : cela exclut les activités sans but lucratif et les personnes qui se limitent à la gestion de leur patrimoine privé

  • L'activité est non salariée : les salariés ne sont pas concernés par la CFE

Le micro-entrepreneur est concerné par la CFE, que son activité soit exercée dans son local professionnel, à son domicile ou chez ses clients.

Lorsque cette activité porte sur de la location ou sous-location d’immeubles nus ou meublés, certaines conditions supplémentaires sont exigées (notamment la réalisation d’un chiffre d’affaires minimum).

Montant de la CFE

Le montant de la CFE est calculé selon la formule suivante : base d’imposition x taux d’imposition

  • La base d’imposition est la valeur locative de tous les biens immobiliers soumis à la taxe foncière et affectés à l’activité du redevable en N-2 (peu importe qu’il en soit propriétaire, locataire, sous-locataire ou qu’on les lui ait mis à disposition gratuitement).

    Cette base peut être réduite dans de nombreux cas (notamment s’agissant d’entreprises saisonnières ou de certains artisans).

  • Lorsqu’aucun local professionnel ou bien immobilier n’est affecté à l’exercice de l’activité, la base d’imposition est déterminée selon le chiffre d’affaires réalisé en N-2. Chaque commune fixe ainsi un montant minimum de base d’imposition en fonction de ce CA de référence.

Le taux ensuite appliqué à cette base d’imposition est celui voté annuellement par chaque commune. Autrement dit, à CA égal, deux entreprises situées dans deux communes différentes ne paieront pas le même montant de CFE.

Frais de gestion

Lorsque le micro-entrepreneur est redevable de la CFE, il doit également payer des frais de gestion s’élevant à 1 % du montant de la CFE et de la taxe additionnelle (taxe CCI)

Exonérations

La CFE prévoit de nombreuses exonérations, aussi bien permanentes que temporaires, et notamment :

  • Une exonération de CFE l’année de création de l’entreprise (celle-ci bénéficie en outre d’une réduction au titre de sa première année d’imposition puisque la base de calcul de la CFE est alors réduite de 50 %).

  • Une exonération de CFE si le CA réalisé par l’entreprise en N-1 n’a pas dépassé 5000 €.

Plus d’informations sont disponibles sur la page dédiée à la cotisation foncière des entreprises.

Le micro-entrepreneur peut parfois être dans l’obligation de payer certaines taxes consulaires.

Cela peut être le cas de la taxe pour frais de CCI s’il est redevable de la CFE, ou encore de la taxe pour frais de CMA s’il exerce son activité dans le domaine de l’artisanat et qu’il est enregistré en tant que tel au RNE.

Taxe pour frais de chambres de commerce et d’industrie

La taxe CCI est notamment composée d’une contribution susceptible appelée taxe additionnelle à la CFE. Cette taxe est due par tout micro-entrepreneur redevable de la CFE.

Cette taxe additionnelle s’élève à 1,12 % de la base d’imposition de la CFE (valeur locative des biens affectés à l’activité, ou, à défaut, chiffre d’affaires).

La taxe pour frais de CCI due est calculée en appliquant un taux proportionnel au chiffre d'affaires réalisé par le micro-entrepreneur. Elle est perçue en même temps que les cotisations sociales dues par le micro-entrepreneur.

À savoir :

Le micro-entrepreneur réalisant un montant de chiffre d'affaires ou de recettes inférieur ou égal à 5 000 € est exonéré de taxe pour frais de CCI.

Taux de la TCCI

Activité exercée

Pourcentage du chiffre d'affaires

Prestations de services

0,044 %

Vente de marchandises, d'objets, d'aliments à emporter ou à consommer sur place

0,015 %

Artisans en double immatriculation CCI-CMA

0,007 %

À noter :

La taxe CCI étant additionnelle à la CFE, elle n’est pas non plus due l’année de création de l’entreprise.

Taxe pour frais de chambres de métiers et de l'artisanat

Cette taxe concerne les micro-entreprises exerçant leur activité dans le domaine de l’artisanat et enregistrées en tant que telles au RNE.

La taxe pour frais de CMA est calculée en appliquant un certain taux au chiffre d'affaires.

Elle est perçue en même temps que les cotisations sociales dues par le micro-entrepreneur.

À savoir :

Le micro-entrepreneur qui réalise un montant de chiffre d'affaires ou de recettes inférieur ou égal à 5 000 € est exonéré de taxe pour frais de chambre de métier.

Le montant de la taxe CMA dépend du département dans lequel est située l'entreprise :

Le micro-entrepreneur peut également être redevable d’autres taxes en fonction de sa situation, ou selon le fonctionnement et l’objet de son activité. Ces taxes sont notamment les suivantes :

Dans certains cas, le micro-entrepreneur peut bénéficier d'allègements fiscaux tels que des exonérations ou crédits d'impôt.

Ces avantages peuvent être octroyés à raison de différents facteurs, notamment l’activité exercée, l'emplacement du siège social, les actions menées par l’entreprise :

Avantages fiscaux liés à l’emplacement du siège social

Avantage fiscal lié à l'activité exercée

Crédit d'impôt en faveur des métiers d'art

Avantages fiscaux liés à l'embauche de salariés

Avantages fiscaux liés à des actions menées par l’entreprise

Pour en savoir plus